Labyrinthes de Franck Thilliez

Labyrinthes de Franck Thilliez paru le 5 mai 2022 aux éditions Fleuve dans la collection Fleuve Noir ; 21€90 ; 375 pages ; 14,3cm x 21,1cm.

4ème de couverture

Une scène de pure folie dans un chalet. Une victime au visage réduit en bouillie à coups de tisonnier. Et une suspecte atteinte d’une étrange amnésie. Camille Nijinski, en charge de l’enquête, a besoin de comprendre cette subite perte de mémoire, mais le psychiatre avec lequel elle s’entretient a bien plus à lui apprendre. Car avant de tout oublier, sa patiente lui a confié son histoire. Une histoire longue et complexe. Sans doute la plus extraordinaire que Camille entendra de toute sa carrière…

 » Tout d’abord, mademoiselle Nijinski, vous devez savoir qu’il y a cinq protagonistes. Toutes des femmes. Écrivez, c’est important : « la journaliste’, « la psychiatre’, « la kidnappée’, « la romancière’… Et concentrez-vous, parce que cette histoire est un vrai labyrinthe où tout s’entremêle. Quant à cette cinquième personne, elle est le fil dans le dédale qui, j’en suis sûr, apportera les réponses à toutes vos questions.  »

 

L’auteur : Né en 1973 à Annecy Franck Thilliez étudie à ISEN Lille afin de devenir ingénieur en nouvelles technologies. Dès son deuxième roman, Train d’enfer pour ange rouge, il est nommé pour le prix sncf 2004. C’est l’arrivée de son personnage principal : Sharko. Il publie en 2005 La Chambre des morts adapté en film. Pour son deuxième roman, il reçoit le prix des lecteurs Quai du polar en 2006 et le prix sncf du polar français en 2007. Il coécrit, avec Nicolas Tackian, les dialogues du téléfilm intitulé Alex Hugo. C’est un grand passionné de thrillers depuis toujours, d’ailleurs il dit que son maître est Stephen King. Il est également scénariste d’une bande dessinée La brigade des cauchemars. C’est un passionné de cinéma et des casse-têtes.

Extrait : 

« Elle ne pouvait pas y croire et, en même temps, elle savait cet homme assez dérangé pour faire ça. Pour avoir un aperçu de sa noirceur, il suffisait de lire ses livres, si crus et si sombres qu’on se demandait quel genre d’individu était capable d’imaginer des histoires pareilles. Un pervers. Un malade. Voilà ce qu’il était. Six mois s’étaient écoulés depuis leur dernière rencontre… Six mois pendant lesquels il avait peut-être fait construire cette pièce, tapissé ces murs de mousse… Six mois pour penser au moindre détail et mûrir sa vengeance…
Julie en percevait d’ailleurs déjà les vibrations, comme les prémices d’un tremblement de terre…

Elle vivait un rêve éveillé. Elle connaissait l’un des plus illustres auteur de thriller français. Mieux que ça, elle le côtoyait ! L’instant était empreint d’une telle magie qu’elle se dit qu’il fallait en garder une trace. Elle se mit alors à tenir un journal intime. »

Les missives de Fanny H

Labyrinthes de Franck Thilliez

Une femme est retrouvée dans les bois, à côté d’un cadavre, ensanglantée et complètement amnésique. Elle sera pris en charge par le médecin Marc Fibonacci. Mais juste avant ce gigantesque trou noir sur son passé, elle aura quand même eu le temps de lui raconter une incroyable histoire qu’il va, à son tour, transmettre à Camille Nijinski, chargée de l’enquête.

Lysine Bahrt, journaliste pour Le courrier normand, revient dans la maison de ses parents décédés tragiquement cinq ans plus tôt. Il est temps désormais de mettre cette demeure en vente, surtout après un cambriolage qui l’a profondément marqué.

Véra Clétorne est HES ( Hyper-Electrosensible). Elle est partie s’installer dans un chalet isolé au hameau du Bout du Croc, situé dans le parc naturel régional des Vosges du Nord. C’est un désert électromagnétique que l’association Zéro onde a décidé de remettre aux normes afin que les HES puissent vivre en toute tranquillité.

Julie Moscato, 17 ans, se réveille dans un véhicule, bâillonnée, mains et pieds liés. Son père est gendarme, elle sait qu’il mettra tout en
œuvre pour la retrouver.

Que cherchait-on dans la maison des parents de Lysine ? Que révélera l’enveloppe cachée dans une boite postale à son nom ? Qui est ce Minotaure ? Que signifie ce fou du camp noir retrouvée sur cette femme complétement perdue ? Pénétrez dans les Labyrinthes de leur vies à vos risques et périls…

Dans Labyrinthes, Franck Thilliez a choisi, une fois de plus, de nous parler de la mémoire, un sujet qui le fascine et le passionne depuis longtemps. Pour cela, il a créé plusieurs histoires dans l’histoire. Vous me suivez ? Bien. Vous accompagnerez tour à tour dans leur existence plusieurs femmes d’âge différent. Mais au final, qui sera enfermé dans Labyrinthes ? Ce sera vous, lecteur. Comme à son habitude et à mon plus grand plaisir, l’auteur pousse encore plus loin ses recherches et ses idées relatives à ce fabuleux organe qu’est le cerveau, si complexe encore de nos jours pour la science. Il aborde, entre autres, la paramnésie de certitude.

Labyrinthes, c’est plusieurs références à la mythologie, vous penserez suivre tranquillement le fil d’Ariane mais il pourrait être tranché à tout moment, sans prévenir. Il y a bien un fil conducteur qui nous ramène à deux de ses romans « Le manuscrit inachevé » et « Il était deux fois ». Il peut-être lu indépendamment mais pour ma part, je trouve beaucoup plus intéressant de les lire dans l’ordre car l’auteur revient sur des faits importants. Une lecture à faire au calme sinon vous risquez de perdre le cheminement de vos pensées.

Vous trouverez des références au mal, à l’enfer, à un film de 1980, Cannibal Holocaust, dont je me rappelle très bien avoir vu les images au dos de la cassette vhs à l’époque, elles m’ont marqué.
L’une de ces femmes imaginera une partie d’échecs, ce qui m’a fait penser au roman de Walter Tevis, Le jeu de la dame. Les échecs, jeu qu’apprécie l’auteur, tiennent ici une place très importante. Mais comment savoir si l’on déplace la bonne pièce alors que le jeu se joue dans un labyrinthe difficilement compréhensible et accessible ? Qui sera la pièce maitresse ? Et vous ? Qui serez-vous ? La reine, le cavalier ou le fou ? Trouverez-vous l’ouverture de Labyrinthes ? Êtes-vous certain que ce sera la bonne ? Quelle défense envisagez-vous ?

La visualisation d’une scène d’un film super 8 est également extrêmement bien décrite, j’ai ressenti ce malaise que l’on éprouve lorsque l’on visionne ce style de bobine avec ces flashs de lumière puis à la fin, d’un coup ce noir total. Je n’ai jamais aimé les voir. Encore moins désormais… Par contre, j’adore les histoires qui se passent dans les bois, et dans cette partie-là, l’atmosphère décrite me parle tout à fait.

Et je me suis mise à chercher des secrets. A chercher sans doute là où il n’y avait rien. Et à trouver aussi. On s’attend à tout, encore plus quand on sait que l’auteur avoue s’être perdu lui-même ! Nous retrouvons des palindromes, indissociables du monde de Franck Thilliez. Il nous ouvre de nouveau les portes de son esprit qui a, avec certitude, l’aspect d’un dédale. Fini un soir, j’ai eu du mal à trouver le sommeil ensuite. Et vous savez quoi ? J’en redemande et j’en veux encore et plus.

Alors osez affronter le minotaure et bonne chance, mais si vous avez le livre entre vos mains, sachez qu’il est peut-être déjà trop tard…

 

6 réflexions sur “Labyrinthes de Franck Thilliez

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