Le prix Nobel, Elena Alexieva

Les livres oubliés de Ge

Le livre : Le prix Nobel de Elena Alexieva. Traduit du bulgare par Marie Vrinat. Paru le 1er avril 2015 chez Actes Sud dans la collection Actes Noirs. 23 € ; (414 p.) ; 24 x 15 cm

Quatrième de couverture

Eduardo Ghertelsman, prix Nobel de littérature d’origine chilienne qui a émigré en Grande-Bretagne, est invité à donner une conférence à l’université de Sofia. Le soir, après cette conférence, il sort de son hôtel, s’arrête dans un parc tout proche… et disparaît. Le lendemain, la télévision nationale reçoit une vidéo réalisée à partir d’un téléphone mobile : on y voit un homme portant les vêtements de Ghertelsman, les mains liées dans le dos. Les ravisseurs demandent une rançon.

L’affaire est délicate et met en danger l’image de la Bulgarie, déjà peu reluisante sur la scène internationale. L’enquête est confiée à l’inspecteur Vanda Belovska, récemment mise sur la touche et « réhabilitée », jeune femme mélancolique qui partage son petit appartement avec un iguane. Au fil d’une intrigue qui la mène dans un village déserté par ses habitants et investi par les Roms, chez la veuve troublante d’un écrivain retrouvé mort avec les vêtements du prix Nobel disparu, ou encore dans une agence littéraire aux pratiques étranges, Elena Alexieva observe la société bulgare à travers un filtre polarisant et mêle les enjeux de l’investigation policière à ceux de la création littéraire. Chercher à comprendre, n’est-ce pas au fond l’horizon commun de l’inspecteur et de l’écrivain ?

Elena Alexieva est née le 12 avril 1975 à Sofia en Bulgarie. Elle est titulaire d’un Master en relations économiques internationales à l’Université de l’économie nationale et mondiale à Sofia en 1999.
Traductrice de l’anglais qu’elle a enseigné à la Nouvelle université de Bulgarie, elle a obtenu son doctorat en littérature et sémiotique en 2005. Elle s’est imposée très tôt dans le champ littéraire bulgare par une écriture inhabituelle et très personnelle.
Extrait :
« Avant d’obtenir le prix, l’obligation d’écrire lui pesait, mais Ghertelsman parvenait tant bien que mal à se discipliner et à produire les livres projetés ; après, en revanche, ce fut une véritable torture. Non pas que son cerveau ou son imagination aient cessé de fonctionner. Au contraire. Ils continuaient de faire naître de nouvelles histoires, de nouveaux sujets, idées et scènes à une fréquence digne d’envie. Le fait même que, dans un grand nombre d’entre eux, il reconnaisse instantanément des variations, voire des passages entiers de ce qu’il avait écrit dans sa jeunesse, n’était pas de nature à l’arrêter. Non. Tout simplement, Ghertelsman ne pouvait plus écrire. Il détestait écrire. Cela lui semblait dépourvu de sens et gratuit. En réalité, il savait que c’était le cas. Qu’il avait raison. Sa vie en était la preuve la plus irréfutable. Certes, les gens s’adonnaient à des occupations bien plus abstraites que la littérature, dont personne, selon Ghertelsman, n’avait besoin. Mais il n’était pas comme ça, il n’en faisait pas partie. Il avait toujours vécu avec l’assurance d’être authentique ; d’avoir vu des choses qu’il était le seul à pouvoir raconter ; de faire partie de la petite minorité de gens capables de pénétrer le modèle sombre et fragile de toute chose, ce modèle que les crédules nomment « destin » ; d’être guidé par la main de Dieu en personne. Bien entendu, Ghertelsman niait en public être croyant, car un tel aveu le précipiterait immédiatement dans le rang de ceux envers lesquels il éprouvait le plus d’aversion. Mais à chaque dénégation, il lui semblait que la main de Dieu se resserrait plus fortement sur la sienne, et il se sentait plus sûr de marcher sur le droit chemin, celui qu’il était donné à lui seul de parcourir. »

Le post-it de Ge

Le prix Nobel, Elena Alexieva

9782330048792,0-2559685

Je crois, non j’en suis certaine, c’est la première fois que je lis un polar bulgare.

Elena Elena Alexieva, a une écriture bien à elle, très personnelle, qui donne a ce titre une dimension épique. Son style lyrique et onirique en fait une œuvre singulière qui va plaire au-delà de l’intrigue policière au amateur de littérature.

L’intrigue est ici un prétexte pour nous faire voyager à travers la société Bulgare et nous révélé ses travers. C’est elle qui sert de fil rouge à la critique sociale, non dissimulé qui parcourt ce livre.

Elle permet évoquer les problèmes liés à la création littéraire dans ce pays, mais aussi et surtout les problèmes sociétaux brûlants : la mafia, la Sécurité d’État, les Roms , l’homosexualité, les rapports des hommes politiques au pouvoir.

J’ai apprécié que se soit une enquêtrice qui nous guide dans ces méandres, et dans ses différents milieu bulgare. En tant que femme, elle porte un regard différent, sans doute plus acerbe, plus inquisiteur.  Aussi je pense que l’auteur a pu d’identifier à cette flic et à travers elle nous parler de création littéraire et du  milieu littéraire dans son pays.  Milieu, qui se révèle un vrai nid de vipères.

Voici donc un très bon roman à double entrée qui nous plonge dans des méandres de la création littéraire et de la société bulgare contemporaine.

J’ai lu ce livre aussi pour ces 5 défis :

– Challenge Juillet Sororité de Stelphique

– Le Shiny Summer Challenge chez Camille du blog Les paravers de Millina.

 – Challenge Les Dames en Noir 2022 chez Zofia

– Challenge Thriller et polar 2022- 2023 chez Sharon

 – Challenge « Le tour du monde en 80 livres » chez Bidb (France).

7 réflexions sur “Le prix Nobel, Elena Alexieva

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