Nécrophonie de Thierry Dufrenne

Le livre Nécrophonie de Thierry Dufrenne Paru le 9 octobre 2021 chez Editions AE Ex Aequo Collection rouge Thriller. 23€.  (288 p.) ; 20 x 13 cm

4ème de couverture :

Quel est le lien entre le cadavre d’une infirmière jeté au bas de l’escalier menant au service des Urgences, des membres humains tranchés et des corps décapités, entassés dans un ancien laboratoire désaffecté ? Les lieutenants Silaine et Legarde sont en charge de l’enquête. De la morgue du CHU de Semier au guichet d’accueil des patients, ils vont inverser les rouages de la mécanique hospitalière. Ils remonteront la piste d’un assassin dont ils ne comprennent pas le mobile.

« Nous ne pouvons pas prendre la place d’un mort. Est-ce cela qui a poussé de grands inventeurs comme Edison à vouloir communiquer avec eux ? Les funérailles sont créatrices. Nous ne masquons pas les morts pour nous soustraire à leur pourrissement, mais pour nous reconstruire et en édifier une nouvelle image. Les fraîches paroles d’un défunt pourraient être la matière première de cette charpente. La nécrophonie sera l’antidote aux affres du deuil. »

Extrait : « La peur est un sentiment respectable lorsqu’elle est fondée. Elle appelle à la prudence ou au renoncement et peut sauver la vie de celui qui sait l’écouter. Cette fois je ne cède pas à la panique, mais je me laisse porter par une sagesse qui ne soulage en rien la boule de plomb qui m’écrase les tripes. A la vue des dents arrachées au fond de la boîte, il m’a semblé que mes propres racines me faisaient mal, j’y sens encore battre mon cœur. Je me redresse pour diriger la lumière vers la sortie quand un fort craquement résonne au-dessus de moi. Je sursaute, lève la tête en même temps que le faisceau de ma lampe improvisée. Par endroits, sous la peinture écaillée et l’enduit lépreux, les lattes en bois du plafond sont à nu. Lorsque j’allais en vacances chez mes grands-parents dans leur vieille maison, les bruits incongrus et nocturnes provoqués par les changements de température et d’humidité sur les matériaux naturels m’avaient toujours fait peur. »
L’auteur : Thierry Dufrenne travaille dans la Santé depuis trente-sept ans. Passionné de médecine légale, l’univers hospitalier lui a déjà inspiré cinq romans. Il brosse ici une enquête policière dans un CHU. Avec un œil espiègle et des décors peu communs, sous le regard inquisiteur des caméras de surveillance.
Il a déjà publié 
Course folleEffets secondairesLe Labyrinthe de Darwin, La Némésis de Darwin, Le Pentacle de NémésisLe syndrôme du crocodile et Nouvelles ardennaises thanatotractrices

Chronique d’une flingueuse : L’Avis de Sylvie K

Nécrophonie de Thierry Dufrenne

Toujours encline à lire un nouvel auteur, je découvre l’univers de Thierry Dufrenne, (que je remercie) l’hôpital étant un des personnages de cette histoire.

Au CHU de Semier, le cadavre d’une infirmière est retrouvé jeté dans les escaliers ensuite la découverte de corps sans tête et de membres épars va bousculer le quotidien du personnel. Les lieutenants Adrien Lagarde et Laura Silaine sont chargés de l’enquête, celle-ci s’avère complexe dans le milieu hospitalier où tout est contrôlé, où le personnel bouge sans cesse et n’est pas bavard.

Il faudra de sérieux indices pour savoir si les meurtres sont liés, remonter la piste du tueur et comprendre ce qui l’anime. Au fil de l’enquête de la morgue au crématorium, je croise des infirmiers, des médecins, des internes, des légistes, des salles répertoriées par des n°s et je découvre ce qu’est un reliquaire. L’hôpital est très présent attention de ne pas s’y perdre !

En parallèle, il y a la progression lente et angoissante d’une personne (d’ailleurs est-ce un homme ou une femme ?) dans un lieu qui ressemble à un théâtre. Après une macabre découverte, elle se retrouve prise au piège et comprend que sa vie est en jeu. S’en suit un face à face avec un homme qui lui parle d’expérience, lui demande si elle a peur de la mort et tient surtout à ce qu’elle le tutoie… Elle entame alors un dialogue dans l’espoir de gagner du temps sur une échéance qu’elle sait mortifère.

L’auteur nous propose une immersion dans le milieu hospitalier, le CHU est une petite ville avec ses sous-sols, ses recoins, ses endroits inconnus, fréquentés ou désaffectés, ses allées et venues, ses entrées et sorties à toute heure du jour et de la nuit. Mais aussi, il nous parle de la mort. L’avant et l’après la mort ont toujours fasciné. Si l’âme des morts survivait serait-il possible de communiquer avec elle ?

J’aime beaucoup l’écriture de l’auteur notamment le huis-clos. Elle reflète bien l’atmosphère angoissante et chargée de tension entre les deux personnages, le savant fou face et sa victime. Malgré tout je suis restée sur l’attente du final voir d’un rebondissement inattendu.

Un homme fasciné par Thomas Edison et ses travaux sur l’écoute, des lieutenants qui s’égarent dans les couloirs de l’hôpital font de cette intrigue un thriller médicalement mené. Et si cela vous interpelle découvrez Nécrophonie qui m’a fait passer un bon moment de lecture.

3 réflexions sur “Nécrophonie de Thierry Dufrenne

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