Gideon la neuvième, Tamsyn Muir

le livre : Le tombeau scellé Volume 1, Gideon la neuvième de Tamsyn Muir ; traduit de l’anglais (Nouvelle-Zélande) par Stéphanie Lux. Paru le 13 avril 2022 chez Actes Sud dans la collection Exofictions. 24€. (521 p.) ; illustrations en noir et blanc ; 24 x 15 cm.

4e de couv :

Élevée par une flopée malveillante de nonnes sclérosées, de serviteurs antédiluviens et de squelettes, Gideon est fin prête à laisser derrière elle une vie de servitude et la perspective d’un au-delà sous forme de cadavre réanimé. Elle embarque donc son épée, ses bottes et ses revues pornos, et prépare son évasion. Mais son ennemie d’enfance ne lui rendra pas sa liberté avant un dernier service.

Harrowhark Nonagesimus, Respectable Fille de la Neuvième Maison et magicienne osséo surdouée, répond en effet à l’appel de l’Empereur. Celui-ci a convié les héritiers et héritières de chacune de ses loyales Maisons à prendre part à un concours impitoyable mettant à l’épreuve leurs compétences et leur intelligence. Si Harrowhark réussit, elle deviendra une servante immortelle et toute-puissante de la Résurrection. Mais nulle nécromancienne ne saurait accéder au rang de Lycteure sans sa cavalière. Sans l’épée de Gideon, Harrow échouera et ce sera la fin de la Neuvième Maison.

Enlevé, piquant et follement original, ce premier roman de Tamsyn Muir ouvre en fanfare la tétralogie du Tombeau scellé. Mettant en scène une constellation de nécromanciens en tout genre sur fond de combats à l’épée et d’intrigues funestes, Gideon la Neuvième, récompensé par le Locus Award 2020 du meilleur premier roman, est une haletante épopée de science fantasy.

 

 

L’auteur : Tamsyn Muir est néo-zélandaise, elle est née 14 mars 1985 en Nouvelle-Galles du Sud. Elle a déménagé en Nouvelle-Zélande à l’âge de neuf mois et a grandi à Howick, en Nouvelle-Zélande . En 2010, elle a obtenu un diplôme en éducation. Elle est également diplômée en 2010 de l’ atelier Clarion  Elle vit à Oxford, au Royaume-Uni. Gideon la Neuvième est son premier roman.
Extraits : 
« Deux pour la Discipline, malgré les coups du sort,
Trois pour l’Éclat de l’or, ou celui d’un sourire,
Quatre pour la Loyauté, tournée vers l’avenir,
Cinq pour la Tradition, les dettes envers les morts,
Six pour la Vérité, sans mots consolateurs,
Sept est pour la Beauté qui éclot et qui meurt,
Huit est pour le Salut, et quel qu’en soit le prix,
Neuf est pour le Tombeau, et ce qui fut détruit. »
« Le terrain offrait une vue dégagée sur un fragment du ciel de la Neuvième Maison, qui était blanc et épais comme une soupe aux endroits où on avait injecté le plus d’atmosphère, léger et bleu marine ailleurs. Dominicus clignait de son éclat bienveillant au-dessus du profond tunnel vertical. Dans l’obscurité, Gideon parcourut lentement le périmètre du champ, pressant ses mains contre la roche froide et glissante des parois. Une fois ce premier tour accompli, elle passa un long moment à aplatir le moindre monticule de terre et shooter dans le moindre caillou jonchant le sol abîmé de la piste. Elle enfonça à plusieurs reprises la pointe d’acier usée de sa botte dans la terre tassée, ne s’arrêtant qu’une fois convaincue de l’improbabilité qu’on ait pu y creuser. Pas un centimètre carré du vaste espace n’échappa à son examen, et lorsque les projecteurs reliés au groupe électrogène s’allumèrent dans un grésillement excédé, elle s’assura de visu qu’elle n’avait rien oublié. Puis elle escalada l’armature grillagée des projecteurs, qu’elle examina à leur tour, aveuglée par la luminosité, vérifiant à tâtons l’arrière de leur cadre de métal, sombrement satisfaite de ne rien y trouver »
« Regain d’activité aux niveaux inférieurs. La lumière donnait à présent une certaine visibilité. Les Neuvièmes allaient sortir de leurs cellules après leur recueillement matinal et rejoindre les autres pour l’oraison commune, tandis que les serviteurs du château de Drearburh se lanceraient dans les préparatifs de cette nouvelle journée. Un certain nombre de rites aussi solennels qu’ineptes allaient s’accomplir jusque dans les moindres recoins de la Maison. Gideon jeta son sachet de porridge vide par-dessus la rambarde et s’assit, son épée sur les genoux, qu’elle se mit à astiquer avec un bout de chiffon : plus que quarante minutes avant le départ. Soudain, l’immuable monotonie d’une matinée typique de la Neuvième fut rompue. La Première Cloche se remit à sonner : BLA-BLANG… BLA-BLANG… BLA-BLANG… Gideon tendit l’oreille, constatant que ses mains s’étaient figées sur son épée. La cloche sonna vingt fois, puis se tut. Tiens, tiens. Rassemblement. Un instant après, nouveau clappement des squelettes ayant docilement lâché pioches et binettes pour répondre à l’appel. »

Le post-it de Ge

Gideon la neuvième, Tamsyn Muir

 

Un récit d’aventure de lesbienne nécromantes dans l’espace que demander de plus ? Voilà comment ma libraire m’a vendu ce titre d’une nouvelle saga en devenir. Mais attention, perso je ne veux pas d’un univers qui s’étire à l’infini, les séries qui n’en finissent pas ne sont plus pour moi, je fini toujours par les abandonner. J’ai été rassuré quand j’ai compris que Gideon la neuvième serait une trilogie ou tout au plus une tétralogie.

Alors, va pour le tome un de cette saga «  Le tombeau scellé « 

Mais alors que nous raconte « Gideon la neuvième »

Harrowhark Nonagesimus est nécromancienne, une nécromancienne hors pair si on n’en croit sa réputation. Mais Harrow est surtout l’héritière de la neuvième maison. Elle a grandi là sur cette neuvième planète où se trouve le tombeau scellé, celui qui maintient prisonnier le pire ennemi de l’empire. Un tombeau gardé par un ordre monastique implacable, des moniales impitoyables et revêches. Et sur la neuvième planète ce n’est pas franchement l’éclate surtout pour des jeunes filles devenus jeunes femmes. C’est là que vit aussi Gideon Nav, elle, elle n’a rien de royale, c’est la fille d’une esclave fugitive qui est venir mourir là ! Gideon élevée par les nonnes obtuses veut se faire la belle, se tirer de ce trou à rat. Oui mais voilà ce n’est pas si simple…. Et une nouvelle fois Gideon se fait reprendre

Alors que l’empereur a invité les héritiers de chacune de ses loyales maisons pour un tournoi, Harrowhark sait qu’elle ne peut réussir sans le glaive de Gideon, car chaque nécromancien doit être accompagné de son cavalier (son garde du corp personnel). Sans le glaive de Gideon, Harrowhark échouera, et la Neuvième Maison périra… Alors Harrow propose un marché à Gideon, devenir son cavalier, celle qui l’aidera à devenir Lycteur, servante immortelle et toute puissante de la Résurrection, protectrice et conseillère de l’Empereur. Et en récompense de son aide, Gideon sera libre et riche.  Les deux jeunes femmes se connaissent bien même si tous les opposent. Entre ses deux-là ce n’est pas l’entente cordiale non au contraire, mais Harrow veut remportait le tournoi impérial est devenir un LYcteur et Gedeon voit là sa porte de sortie.

Voici donc notre duo improbable embarqué pour la première maison, celle de l’Empereur. Neuf maisons, neuf planètes toutes régies par des familles séculaires d’ordres nécromants différents. C’est sur la première planète, c’est là que se déroulera le tournoi au sein d’une vielle demeure ancestrale quelque peu délabrée, un château fort magnifique mais en ruine.

Et une fois que Gideon et Harrowhark arrivent sur la planète de l’Empereur, elle se rendent vite compte que les épreuves vont être beaucoup plus mystérieuses et beaucoup plus difficiles que quiconque aurait pu le prévoir. Surtout quand les cavaliers et les nécromanciens des autres maisons commencent à se faire assassiner.

Et avec nos héroïnes nous passons tour à tour du space-opéra, à la fantasy magique et enfin au whodonit, un huis clos à énigmes digne des plus grandes reines du crime.

Vraiment, notre autrice a fait fort pour un premier roman. Elle arrive à créer un univers bien à elle, une galaxie qu’elle nous fait découvrir par petites touches éparses. Elle instaure peu à peu une mythologie autour de celui-ci, elle en dévoile les fondements.

Et que dire des nombreux personnages qu’elle développe tous plus aminés les uns que les autres. Des personnages auxquels on n’arrive pas à rester insensible.

Bien sûr il y a Gideon qui est notre guide dans ce nouveau monde qui s’ouvre à nous. On aime l’insolence de cette jeune adulte irrévérencieuse. Elle donne un ton un poil sarcastique et drolatique à cette histoire fantastique et cet univers noir. Un personnage qui apporte de la fraicheur aux décors surréalistes et effrayants.

Et sa relation avec Harrow, entre répulsion et attirante est décrite avec justesse.

J’avoue m’être aussi beaucoup amusé avec les énigmes proposées à chacun des champions de chacune des huit factions.

J’ai aimé aussi la saveur gothique de ce roman. Sa magie nécromancienne, ses squelettes, ses catacombes, sa magie presque vaudou, ses êtres revenus d’entre les morts, l’horreur et la résurrection. 

Les joutes et les combats et autres scènes d’action très imaginatives de notre auteur

J’ai apprécié à sa juste valeur cette fiction qui sort des sentiers habituels

Au final ce scénario soulève quelques questions et autres réflexions autour de la dynamique et les déséquilibres du pouvoir. Il nous parle aussi simplement d’amitié, de confiance et même l’amour.

Tiens en parlant de final, celui que nous propose Tamsyn Muir est proprement hallucinant. Enfin proprement…

Maintenant j’attends la suite, Harrow la neuvième. Et pour tout dire je suis à la fois impatiente et tout aussi effrayée car je me demande bien ce que l’auteure va bien pouvoir nous réserver cette fois !

Aussi vous l’aurez compris, Gideon la neuvième a été pour moi une sacrée belle découverte. Et un pur coup de cœur, il faut bien l’admettre !!!

Autres extraits :
« Si la Neuvième – énigmatique, inquiétante Neuvième, Maison de la Langue Cousue, Maison des Anachorètes, Maison des Secrets Hérétiques – avait accueilli ce nourrisson avec une certaine perplexité, elle s’était vite ressaisie. De tout temps, les salles de la Neuvième rassemblaient les pénitents des autres Maisons, mystiques et autres pèlerins qui jugeaient l’appel de cet ordre sinistre plus désirable que les droits que leur conférait leur naissance. En vertu des règles archaïques régissant la vie des aspirants qui passaient de l’une à l’autre des huit grandes Maisons, Gideon était devenue une toute jeune serve qui, sans vraiment faire partie de la Neuvième, était son obligée : pouvait-on imaginer dette plus grande que celle d’avoir été recueillie ? Position plus honorable que celle de vassale de Drearburh ? Faisons de ce bébé une postulante. Poussons cette enfant à devenir oblate. Ils l’avaient munie d’une puce, lui avaient donné un nom et l’avaient confiée aux éducatrices. À l’époque, la petite Neuvième Maison comptait fièrement deux cents enfants, de zéro à dix-neuf ans, et Gideon s’était vu attribuer le matricule 201. »
« Gideon se tourna vers Harrow, qui suait sang et eau, mais lui rendit calmement son regard. Un regard froid, déterminé. Elle se rua alors sur la lady de Drearburh en poussant un hurlement délirant, pulvérisant carpes et métacarpes sur son passage, mais peine perdue : à partir du moindre fragment de fémur enterré, du moindre bout de tibia enseveli, se formaient 37 désormais des squelettes entiers, et tandis que Gideon se rapprochait tant bien que mal de leur maîtresse, une véritable marée d’ossements animés s’abattit sur elle. D’un coup de botte, elle envoya Harrow dans les bras de deux de ses créations, qui eurent vite fait de la mettre en sûreté. Le regard imperturbable d’Harrowhark disparut derrière un écran d’hommes sans chair et en os, de fémurs, de tibias et autres ossements aux coups d’une rapidité surnaturelle. Se servant de son épée comme d’un levier à squelettes, Gideon entreprit d’en trancher le plus grand nombre possible, faisant pleuvoir sur elle les fragments d’os et de cartilage, mais il y en avait trop, il y en avait tout simplement trop. À peine avait-elle pulvérisé ceux qu’elle avait face à elle que de nouveaux squelettes surgissaient dans les éclats des précédents. Où qu’elle se tourne, les fruits du morbide jardin planté par Harrow étaient prêts à la mettre à terre, encore et encore. »

J’ai lu ce livre aussi pour ces 5 défis :

– Challenge Juillet Sororité de Stelphique

– Le Shiny Summer Challenge chez Camille du blog Les paravers de Millina.

 – Challenge Les Dames en Noir 2022 chez Zofia

– Challenge Thriller et polar 2022- 2023 chez Sharon

 – Challenge « Le tour du monde en 80 livres » chez Bidb (France).

12 réflexions sur “Gideon la neuvième, Tamsyn Muir

  1. J’avais déjà envie de lire ce roman et il est a rejoint il y a peu ma PAL mais je dois dire que c’est la première chronique qui me donne envie de m’y mettre tout de suite ! Bon, j’ai quelques lectures en cours que je compte d’abord terminer, et quelques impératifs (des livres à rendre), mais je m’y mets avant la fin de l’été 🔥

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